Art-thérapie: soulager la douleur grâce à votre créativité

Qu’est-ce que l’art-thérapie?

C’est un outil thérapeutique qui permet de s’exprimer lorsque la parole ou les mots nous font défaut et de mettre du sens là où il nous est parfois difficile d’en trouver. L’art-thérapie permet d’enclencher un cheminement vers la connaissance de soi, là où les sentiments et les émotions de tous bois se chevauchent. Là où s’ancrent les douleurs, les événements traumatiques, les ressentis et les pensées liées à des événements particuliers. Il ne s’agit pas d’être doué pour faire un beau dessin. Il s’agit au contraire de former des ponts entre conscient et inconscient à travers les couleurs, les gestes, le corps… afin d’apaiser des souffrances.

Voici les mots de quelques autres afin que vous puissiez vous en faire encore une meilleure idée.

D’après la Fédération Française des Art-thérapeutes « l’art-thérapie est une pratique de soin fondée sur l’utilisation thérapeutique processus de création artistique. »

D’après Céline Turc, art-thérapeute à Draguignan « l’art-thérapie est une pratique thérapeutique qui utilise l’art et le principe de création comme outil de transformation du soi.  »

D’après le Larousse, « méthode utilisant des modes d’expressions artistiques (arts plastiques généralement, mais aussi musique, danse, etc…) à des fins psychothérapiques.

Comment savoir si ça fonctionne? Je vous dirais de vous en remettre à votre art-thérapeute pour vous guider et de vous laisser du temps comme pour une thérapie « classique »avec la parole.

Comment ça marche concrètement?

En ce qui concerne l’art-thérapie dans le cadre d’un  séjour dans une unité de soins contre la douleur ou d’un sejour en unité de soins en médecine psychosomatique à la clinique anthroposophique de Havelhöhe à Berlin, les séances sont au nombre de 4 ou 5 par semaine et durent 1 heure. Elles sont encadrées par un art-thérapeute et se déroulent dans un atelier où tout un tas de matériel est mis à la disposition des patients. Durant la semaine et les week-ends, l’atelier reste ouvert et il est tout à fait permis d’occuper les lieux pour créer et se changer les idees.

Deux options s’offrent à vous: il est possible soit de peindre ou dessiner soit de travailler la terre. C’est à vous de voir ce que vous préférez faire. Lors de mon premier séjour dans le service de soins anti-douleur j’ai préféré travailler la terre après avoir essayé la peinture. Je me suis sentie très mal à l’aise face à la craie et aux couleurs (ce qui m’a d’ailleurs donné à reflechir). Quoiqu’il en soit, lors de la première séance de travail avec l’argile,  j’ai dû réaliser « quelque chose » au choix. J’ai fait une boîte en forme de pomme. Lors d’un entretien à la deuxième séance, l’art-thérapeute m’a médusée en mettant exactement le doigt là où ça coince…et pourtant je n’ai fait qu’une boîte en forme de pomme. Je suis du genre sceptique mais volontaire et curieux. Je suis néanmoins convaincue que ces thérapeutes maîtrisent leur sujet.

L’art-thérapie et plus concrètement l’art-thérapeute accompage les personnes tout au long de leur séjours. Il ou elle est attentif/ve au processus thérapeutique qui s’élabore lors de la création : Quels matériaux va choisir le patient? Quelle gestuelle? Que dit le corps? Quelle sont les différentes étapes jusqu’à ce que le patient ajoute la dernière touche? Quelle sont les manifestations émotionnelles? Car l’action d’entrer en création et de produire est thérapeutique en soi. 

À qui s’adresse l’art-thérapie, quand et pourquoi?

L’art-thérapie s’adresse à toutes les personnes jeunes, moins jeunes ou âgées qui ont des difficultés à s’exprimer et communiquer verbalement avec les autres. Ainsi qu’aux personnes qui ont des difficultés à relier leurs pensées, leurs paroles, leurs mots à leurs ressentis et leurs émotions à leur corps. Si vous souffrez le douleurs chroniques comme moi ça doit sacrément vous parler. 

L’art-thérapie peut vous aider à traverser des périodes de crises comme la maladie, les douleurs chroniques,  les événements traumatiques et tous types de difficultés qui jalonnent parfois la vie (la liste est longue). L’art-thérapie est un outil thérapeutique d’accompagnement qui a déjà aidé de nombreuses personnes et je me compte parmi celles-ci. Je suis restée à de nombreuses reprises assise sur une chaise dans l’atelier  face à ma feuille blanche avec mes feutres sans penser que j’avais mal parfois pendant plus de 20 minutes. L’art-thérapie me permet de mettre la douleur à un second plan et de reflechir à ce que je peux changer chez moi pour me rendre la vie plus facile.  C’est de cette manière que je dois continuer à avancer au quotidien (d’après mes nombreux médecins et thérapeutes). Il s’agit de reprogrammer mon cerveau dans sa façon de traiter les informations qui concernent la douleur. 

L’art-thérapie n’est pas une solution miracle contre les douleurs chroniques. Cependant elle s’intègre dans le programme global de prise en charge pluridisciplinaire de la douleur. C’est en combinant plusieurs techniques entre elles que la qualité de vie peut être améliorée. C’est dure. Mais pas impossible! Rien ne vous empêche d’acheter un cahier de coloriage et des crayons de couleur si ça vous parle davantage. L’essentiel face à la douleur c’est de tout essayer. 

 

 

Relaxation musculaire progressive: La methode de Jacobson

Qu’est-ce que la relaxation musculaire progressive d’après Edmund Jacobson?

Dans les années 1930, Edmund Jacobson, un médecin américain, élabore une technique de relaxation progressive. Elle repose sur un principe selon lequel il existe une relation entre les émotions et le degré de tension musculaire.

En quoi consiste la méthode de relaxation progressive d’après la méthode Jacobson?

Agir sur la tension musculaire pour arriver à la détente psychique. Concrètement, il s’agit de contracter et de décontracter successivement certains muscles. Le relâchement de la tension musculaire s’accompagne d’une relaxation musculaire globale et d’une libération du stress et de l’anxiété. 

Comment se déroule une séance?

La séance dure 30 minutes. Le thérapeute lit un texte d’une voix qui invite à la détente. Vous pouvez réaliser cette technique seul à la maison grâce à des enregistrements trouvables sur YouTube.

Voici comment commence la séance: « Dans quelques instants, vous aurez à pratiquer votre exercice de relaxation, Installez-vous d’abord dans un fauteuil confortable, dans une position de détente, les bras posés sur l’accoudoir du fauteuil, les pieds à plat sur le sol. Fermez les yeux. Respirez calmement et régulièrement.  »

Il est bien sûr possible d’effectuer l’exercice de relaxation en position allongée. Le tout, c’est de rester éveillé. 

Sur quels types de symptômes agit la relaxation musculaire progressive d’après la methode Jacobson?

La relaxation musculaire progressive est efficace contre l’anxiété, l’insomnie, les angoisses, les conséquences du stress et les maladies psychosomatiques, le bégaiement, les douleurs dorsales et cervicales. 

J’ai testé…

La technique de relaxation musculaire progressive d’après la méthode Jacobson est selon moi un excellent moyen det réduire la douleur. Sur une échelle de la douleur de 1 à 10, 1 étant quasi pas de douleur et 10 étant le maximum ressenti, cette technique réduit de moitié mes douleurs à chaque fois. 

J’ai eu l’occasion d’exercer cette technique à plusieurs occasions. Lors d’une réadaptation fonctionnelle, la séance était dirigée par une psychologue. J’ai apprécié le calme et l’assurance de la voix de la thérapeute. Ainsi que lors de deux hospitalisations dans le service anti-douleur de l’hôpital Havelhöhe. Les séances étaient dirigées par les kinésithérapeutes. L’exercice reste le même bien que le texte ne soit jamais vraiment identique. L’ordre de relaxation progressive des muscles est le même cependant certains thérapeutes se concentrent davantage sur certaines parties du corps (dans la région dorsale ou sur le visage).

 

 

Douleur et psychosomatique: lorsque l’esprit fait mal au corps

Médecine anthroposophique à l’hôpital Havelhöhe de Berlin et dans son service de soins en médecine psychosomatique 

Lorsque la douleur dure et persiste depuis plus de 2 ans comme c’est mon cas, et que vous pensez avoir tout essayé, il reste toujours de l’espoir, si si. Demandez-vous si tout fonctionne bien là-haut dans votre cerveau. Une hospitalisation de 4 à 6 semaines dans un service de soins en médecine psychosomatique? Est-ce que c’est vraiment pour moi? C’est possible et ça ne mange pas de pain d’explorer toutes les pistes qui peuvent mener à une diminution de la douleur. Tôt ou tard, bien que vous soyez stable et costaud la douleur vous mine et vous use. Elle ne vous laisse que peu de répit voire aucun et c’est là que la dépression s’installe. Non seulement vous souffrez mais en plus vous avez le moral en berne. Que faire pour stopper cette spirale infernale? Demandez de l’aide à des professionnels de la santé et osez essayer. 

La médecine anthroposophique a été développé par le scientifique et philosophe Rudolf Steiner dans les années 1920. Elle se situe dans la continuité de la médecine classique et ne rejette en aucun cas les fondements scientifiques de la médecine actuelle. Les médecins anthroposophes ont la même formation que n’importe quel médecin. Cependant, dans leur démarche thérapeutique, ils vont plus loin que le corps physique et considère le patient comme un tout complexe. Ils considèrent que pour traiter au mieux une personne il faut impérativement prendre en compte ses multiples dimensions: émotions, esprit, caractère, histoire passée, particularités physiques, éducation, milieu de vie, etc… Il s’agit d’une approche médicale holistique. Voilà, c’est comme ça qu’ils travaillent.

Jour 1 : jeudi 18 mai 2017 arrivée dans le service de soins en médecine psychosomatique de l’hôpital Havelhöhe à Berlin 

Difficile de passer une bonne nuit lorsqu’on sait qu’on ne retrouvera son lit que dans 4 à 6 semaines. Beaucoup de nervosité et d’appréhension avec la conviction malgré tout que j’irai bien mieux une fois le séjour achevé. Le service de soins en médecine psychosomatique accueille des patients atteints entre autres choses de dépression, de burnout, de troubles alimentaires, de troubles de la personnalité…et douleurs chroniques.

J’ai beaucoup de chance car j’ai une chambre pour moi toute seule…ce qui ne devrait pas durer. Je me contente d’apprécier le temps que ça dure. J’ai été accueilli par un infirmier qui m’a montrée ma chambre et expliqué comment le service fonctionne. Il y a une salle de repos, une salle pour la méditation, une salle pour la musique thérapie, une salle de sport avec un crosstrainer et des tapis de yoga, une salle à manger où il est possible de se faire soi-même sa petite tambouille, une buanderie pour laver son linge avec une baignoire XXL pour se relaxer, une table de ping-pong et sûrement d’autres choses que je n’ai pas encore découvertes. 

Le matin j’ai eu un entretien rapide avec la médecin chef de service pour parler de mes attentes. Aux alentours de midi, mon « parrain »(un patient dont le séjour se termine) m’a fait faire le tour du propriétaire, m’a donné de bon conseils et présenté à d’autres patients…pas aussi dingues au premier abord que je l’aurais pensé. Je me suis sentie un peu plus à l’aise. Ensuite, j’ai participé à une thérapie obligatoire qui explique ce qu’est la schémathérapie ou la théorie des schémas. C’est sur ce modèle que travaillent les thérapeutes ici. J’en parlerai davantage dans un autre article. L’après midi j’ai eu un premier contact avec mon médecin thérapeute. J’ai d’emblée raconté des trucs bien perso histoire d’annoncer la couleur et de lui donner de la matière à travailler. J’ai également reçu mon planning de la semaine. Je rentrerai dans les détails dans un prochain article.

Il est tard, je vais essayer de dormir et de me détendre. Aller! Un audiolivre et au dodo.